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Poésie, pas poésie? (suite)

 
J'utilise le référent «poésie» pour parler des oeuvres sur lesquelles je pose mon attention. «Poésie» quand je parle ou écrit en français, «poetry» en anglais. En LSQ, le signe pour référer à la 'poésie' se fait dans un mouvement de la main qui se serre au niveau du plexus et s'ouvre en s'avançant. En LSF, le mouvement de la main bat la mesure. Ce même signe en LSQ signifie «chanson», mais je ne sais pas si c'est le cas en LSF aussi. Je crois qu'en LSQ, on a auparavant utilisé ce même signe pour désigner la chanson et la poésie. (Il serait beaucoup mieux de mettre des vidéos ici!)
J'ai utilisé le mot «poésie» pour désigner les oeuvres que j'ai étudiées dans cette thèse ou pour les présenter dans le cadre de communications dans la foulée de Peter Cook, qui se définit comme poète, et qui parle de ce qu'il fait en ces termes. Dans la foulée, des théoricien.nes que j'ai lu.es également.

 
J'observe que de plus en plus je tends à utiliser l'expression "création narrative". Pas nécessairement en remplacement, plutôt de façon interchangeable, mais c'est tout de même, que je me sens le désir de desceller la terminologie. Il semble que ça ferait du bien, qu'on aurait besoin de le faire comme il a fallu le faire et comme il faut le faire encore souvent: se détacher mentalement des référents pris des langues vocales, observer la création qui se fait, et laisser émerger (ou façonner) le lexique adéquat. Certains référents pourraient éventuellement rester. Les correspondances entre les courants de création en langues signées et les genres établis qui catégorise la création en langue vocale pourraient s'avérer appropriées. Mais possiblement aussi que les plaques tectoniques bougeraient, que les contours des balisages changeraient de forme et qu'on verrait plus clairement là où des genres propres aux langues signées existent.

 
le langage et la création se mélangeant, libérer l'un pourrait libérer l'autre et vice versa.

 
J'ai adopté le mot «poésie» pour parler d'oeuvres crées par des gens qui qualifient leurs oeuvres et leur démarche de poésie. J'ai également adopté ce mot pour parler des oeuvres auxquelles réfèrent les théoricien.nes que j'ai lu et qui utilisent ce mot. Mais il m'a semblé en effet, qu'entre récit et poésie, la différence n'était pas toujours très nette. Pourtant parfois, intuitivement la catégorisation se faisait spontanément. Ceci m'intrigue beaucoup. C'est vivant devant.

 
Je rencontre des gens ici à Paris pour qui l'utilisation du VV exclut clairement l'oeuvre du champs de la poésie. Il s'agit d'autre chose. Pas de poésie. Une famille littéraire. (mais doit-on parler de littérature? le terme est-il trop associé au livre pour être juste? la question se pose aussi.) Mais je ne sais pas ce qui sert par ailleurs de repère pour identifier la poésie, autrement que par "ce n'est pas du VV... Ce que je comprends, ou déduis, c'est qu'on discerne ici quelque chose qui soit propre au LS, qui ne peut pas exister dans les langues vocales et que ça appelle à une définition en soi. Ce qui me semble en effet une observation pertinente.

 
Dans cette thèse, le fil de ma réflexion m'a amenée à définir le VV comme une famille de techniques rassemblant toutes celles qui permettent d'intensifier l'iconicité dynamique du discours. Mais Bernard Bragg penserait peut-être que c'est trop large. Il me semble cependant que de faire cette manoeuvre de recatégorisation me permettait de tenir compte de l'évolution des procédés poétiques (dans le sens de 'fonction poétique du langage') qui se développent notamment dans un dialogue très net avec le cinéma. Leur relation avec les technologies numériques de l'image s'apparente également à une osmose fluide. Il me semble également qu'on peut faire usage de VV en situation sociale lorsqu'on veut rendre une anecdote percutante, dans le conte ou dans le récit. Des oeuvres peuvent certainement être fondée sur le VV, toute une démarche de création, c'est le cas du Flying Words Project qui s'identifie tout à la fois à la poésie et au VV

 
[[extraire et mettre ici poetry]]

 
La question reste, pour moi, en suspend. Ou ouverte plutôt. J'aurais ici envie de proposer la proxémie en remplacement aux catégories, qui me semblent un peu trop carré. Ça fera l'objet d'un autre billet, le mentionner est pour titiller le lectorat, stimuler l'échange. Dans l'intervalle, je suis très intéressée de connaître comment et accompagnées de quelles réflexions se fait à Paris, ou en France (éclairez-moi), cette configuration des genres.

 
Retourau blogue

 


Poésie, pas poésie? (suite)